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Burkina: le Premier ministre Christophe Dabiré échange avec les chefs des circonscriptions administratives sur la gestion des crises 
Tanzanie: une soixantaine de morts après l’explosion d’un camion-citerne

Photo: Radio Oméga

ECONOMIE

Le ministre en charge des mines, Oumarou Idani a déclaré ce lundi 3 juin 2019 que l’administration minière  n’est mêlée ni de près ni de loin à la présumée tentative d’exportation frauduleuse d’or qui défraie la chronique actuellement. Pour le ministre, le rôle de ses services n’a été purement que administratif et qu’ils ont agi « conformément à la législation et à la règlementation régissant le secteur minier ».

Avant de s’appesantir sur les accusations portées contre son ministère dans cette affaire, le chef du département des Mines et Carrières a rappelé la genèse de l’histoire. A l’en croire, tout remonterait au 29 aout 2018. C’est à cette date que la société minière IAM GOLD Essakane SA  a demandé au ministère une autorisation d’exporter du charbon fin au Canada pour traitement. A ladite demande, son département a apporté son accord de principe le 10 octobre 2018 pour l’exportation après que l’entreprise fournisse des informations sur les échantillons et les dates de pesée et de colisage.

« Après analyse de 640 échantillons par la société, les quantités d’or fin ont été estimées à 304, 273 kilogrammes, tandis que celles d’argent étaient de 135,891 kilogrammes. Sur cette base de principe déclaratif, l’accord final du ministère est intervenu le 14 Décembre 2018 après que des représentants du Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina (Bumigeb) et de la Direction générale des Mines et de la Géologie (DGMG) aient assisté aux pesées et au colisage. Ces missions se sont effectuées du 4 au 8 octobre 2018 et du 27 novembre au 4 décembre 2018. Pour les besoins de contrôle, les échantillons ont été prélevés en doubles. Les doublons prélevés ont été analysés par le laboratoire du Bumigeb qui est accrédité à la Norme ISO 17025 en analyse d’or, par le Conseil Canadien des normes » a expliqué le ministre Idani.

La valeur estimée de ces métaux fait par la société minière était de 7 128 620 297 FCFA. Les royalties que devraient verser la mine à l’Etat burkinabè est de 4% de la valeur totale soit 285 144 812 FCFA. Mais avant l’exportation, la société devrait verser un acompte de 70% qui s’élève à 199 601 370 FCFA. 

Un procureur général en «trouble-fête»

Pour le ministre, c’est après avoir délivré toutes les autorisations que l’administration douanière a aussi autorisé l’exportation du charbon fin le 18 décembre dernier. C’est au cours de l’acheminement de la cargaison que la Brigade nationale Anti-fraude de l’or (Bnaf), sur instruction du procureur général, a saisi les conteneurs le 30 décembre dernier.  Selon les explications du ministre, cette brigade dans un rapport dressé le 4 janvier 2019, a conclu à « l’absence d’infraction de fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses ». 

Malgré tout, le procureur général a commis deux consultants pour mieux y voir clair. Et pour Oumaraou Idani, c’est certainement les résultats du travail des experts qui ont servi à susciter la polémique. Tout en déplorant que ledit rapport, dont il dit ne pas avoir une copie, ait fuité, le ministre a laissé entendre qu’il était mieux de laisser la procédure judiciaire suivre son cours. Cependant, le ministre a rassuré qu’en cas de fraude avérée, il n’hésitera pas à user des lois en vigueur pour sanctionner la mine.

Pour plus de transparence…

Pour plus de transparence dans la gestion de cette affaire, il a proposé le recrutement d’un cabinet d’expertise indépendant spécialisé dans le domaine et constitué d’acteurs pluridisciplinaires comme un métallurgiste spécialisé en chimie minérale, un juriste et un expert douanier.

« Naturellement les analyses devront se faire dans un laboratoire accrédité et internationalement reconnu.  Cette option pourrait avoir l’avantage de défendre les intérêts réels de notre pays et ramener la sérénité et la confiance dans l’opinion, en même temps qu’elle favoriserait un début de réponse à la problématique globale du traitement du charbon fin au niveau des mines industrielles exerçant au Burkina, qui reste une question posée, et à résoudre obligatoirement » a fait savoir le ministre.

La société minière quant à elle avait indiqué que son opération d’exportation du charbon fin était légale et avait suivi toute la procédure. Aussi, elle a annoncé avoir transmis ses observations à la justice sur ladite affaire. Pourtant, des organisations de la société civile comme le Ren-lac et des médias d’investigation avaient conclu qu’il y a eu bel et bien tentative d'exportation frauduleuse d'or de la part d’Essakane car les échantillons déclarés ont été sous-évaluées par la mine. 

 

 

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