Aujourd'hui,
URGENT
Covid-19: la vaccination des Burkinabè débutera dans la première semaine de juin 2021.
Santé : un premier lot de 115.000 doses de vaccins contre la Covid-19 est arrivé au Burkina Faso. 
Oudalan: les populations de Tin Akof se réfugient près du camp militaire après une attaque terroriste. 
Santé: l'OMS valide le vaccin chinois Sinopharm pour usage d'urgence contre la Covid-19. 
Sécurité alimentaire: le CILSS prévoit une saison pluvieuse humide pour la campagne agricole 2021-2022. 
Coopération: le président Xi Jinping réaffirme l’engagement de la Chine en faveur de la solidarité et de la coopération avec l’Afrique.
Politique: Alassane Bala Sakandé rejette un appel de jeunes pour sa candidature à la présidentielle 2025. 
Somalie: l’Union africaine a nommé l’ancien président du Ghana, John Mahama, au poste de Haut représentant. 
Football: la CAF décide du report des éliminatoires de la Coupe du monde de la Fifa Qatar 2022.
Yako : un enfant de près de 14 ans s’est donné la mort jeudi, par pendaison au secteur n°4 de Yako (AIB).  

SOCIETE

Le Procureur du Faso près le TGI de Kongoussi Lambert Sanfo a requis mercredi, six mois de prison et 250 mille FCFA d'amende, le tout assorti de sursis, contre cinq prévenus, à la suite du décès le 29 avril 2021 de l'élève Cécile Kinda, lors d'une manifestation scolaire.

Le ministère public s’était auto saisi de l'affaire Cécile Kinda après l’annonce du décès de l’élève. Cinq élèves (le délégué du lycée provincial de Kongoussi et son adjoint, le délégué du lycée municipal de Kongoussi, le délégué du lycée privé de l’amitié de Kongoussi et le responsable aux activités socio culturelle du lycée provincial de Kongoussi) sont poursuivis par le procureur de Kongoussi pour organisation de manifestation illicite et d’homicide involontaire conformément aux articles 354-6 et 354-7 du code de procédure pénale au Burkina Faso.

 Le dossier avait été programmé le 23 juin 2021 pour être jugé en première instance. Mais à la suite de la demande de l'avocat des élèves Me Prosper Farama, il avait été  renvoyé à ce 14 juillet 2021.

 A l'ouverture du procès, un des prévenus demande  au président du tribunal de renvoyer le dossier parce que leur avocat n’était pas présent.

 Mais la réponse du procureur Wendyam Lambert Sanfo a été sans équivoque.

 «Monsieur le Président, je vous  demande de juger le dossier. A défaut, je ferai placer les prévenus en détention parce que leur avocat veut se foutre de la cour. La dernière fois, le dossier a été renvoyé parce qu’il était absent. Aujourd’hui encore il ne se présente pas. Me Farama sait bien que le dossier est indéfendable raison pour laquelle il ne veut pas se présenter. Mais si vous renvoyer le dossier aujourd’hui, je fais déposer les élèves. C’est parce qu’il sont en liberté que l'avocat ne se présente pas» a réagi le procureur.

Le président accède et ouvre le procès.

A la barre, tous les 5 prévenus ont décidé de ne piper mot. Tous estiment qu’ils ne parleront pas sans la présence de leur avocat. Malgré les explications du président du tribunal pour amener les mis en cause à  se défendre devant le tribunal, tous ont refusé de parler.

 Le procureur reprend la parole et donne lecture de leurs déclarations devant les officiers de police judiciaire de la gendarmerie de Kongoussi qui a conduit l’enquête préliminaire.

Tous les 5 élèves ont reconnu devant les gendarmes enquêteurs, avoir organisé une marche sans autorisation et avoir violé le domaine privé du collège privé Sainte Bernadette de Kongoussi le 29 avril 2021.

A la demande du président du tribunal aux prévenus de réagir suite à leurs dépositions, tous sont restés muets.

Le président du tribunal fait appel aux témoins. Premièrement, la sœur directrice du collège Sainte Bernadette ensuite une camarade de classe de Cécile Kinda et enfin le père de la défunte.

 Tous les trois ont témoigné devant le tribunal. A la question de savoir si le père se constituait  partie civile, celui a répondu par la négative et a estimé que c’est la volonté de Dieu.

Le procureur Wendyam Lambert Sanfo reprend la parole pour son réquisitoire. Environ 20 minutes, le chef du parquet de Kongoussi a d'abord salué le courage du père de l’élève qui a pu supporter le choc à l'annonce de la disparition de sa fille. 

Ensuite, il fait savoir à ce dernier que même sans son autorisation, le procureur peut poursuivre les mis en cause parce que Cécile Kinda appartient à la société burkinabè. 

Il a, à l'endroit des 5 élèves demandé au tribunal de les déclarer coupables pour des infractions sus citées. 

«Si un policier ou un gendarme  était de passage au lieu de la manifestation on allait crier justice pour Cécile Kinda sous tous les toits. Mais depuis là, c’est le silence total. Personne ne demande justice pour elle en dehors d'une organisation des parents d’élèves. Monsieur le Président, ces élèves  sont responsables de la mort de Kinda Cécile. À 23 ans, nous étions à l’Université et vous à 23 ans, vous êtes toujours au lycée et au lieu de bosser vous passer votre temps à organiser des manifestations» a d'abord relevé le procureur avant de mettre certaines organisations qui soutiennent les manifestations des scolaires  en garde. 

«Nous savons que vous êtes  soutenus par des pcrvistes cagoulés qui se cachent derrière le centralisme démocratique et prônent pour une insurrection armée. Ils y'en a qui vous donnent le carburant et des unités et nous sommes au courant. Mais comme se ne sont pas des infractions c’est pour cela qu’on ne réagi pas» a-t-il ajouté.

En conclusion, il a requis 6 mois de prison et une amende de 250 000 fcfa, le tout assorti de sursis pour les 5 prévenus parce qu’ils sont des élèves. Le tribunal a mis le dossier en délibéré pour le 4 août 2021.

Agence d'Information du Burkina (AIB)